Le mardi 30 mars 2010

Oiseau au crochet

Le rangement, c'est bien. Mais on retrouve tout un tas de trucs commencés et pas terminés sans aucune raison autre que la flemme de terminer l'ouvrage ou le coup de foudre pour un autre.
J'ai fini ce modèle d'oiseau au crochet-filet (en coton écru). Il m'avait beaucoup plu et j'avais voulu absolument le crocheter. Il me semble que j'avais une idée de rideau derrière la tête. Depuis, j'ai changé de logement et il n'y a plus de fenêtre qui convienne pour le poser.

Le lundi 29 mars 2010

Sac gris terminé

... je devrais dire enfin terminé. Quelquefois, je suis fainéante et j'ai du mal à achever un ouvrage, je traîne pour faire les finitions.

Le vendredi 26 mars 2010

Thérèse au collège

J’ai eu l’immense plaisir de travailler en qualité de Thérèse scolaire. Lors de l'entretien de recrutement j'ai été informée que je travaillerai dans un lycée. A ma prise de fonction, je me suis retrouvée avec quatre collèges. Trois sans téléphone et trois sans bureau. On m’a demandé de passer et recevoir mes communications téléphoniques depuis la loge de la gardienne et de m’installer dans la salle des profs ou dans le bureau des infirmières ou des CPE en leur absence. J’ai refusé. Ma chef (on dit « conseillère technique ») n’a pas compris pourquoi je refusais de bosser dans ces conditions. Le côté sympa ? Une des gardiennes est devenue une copine ; elle m’a appris à tricoter, dans la loge, une bécassine.

Dans la grande maison de l'E.N. j’ai fait connaissance de profs très motivés et passionnés par leur boulot. J’en ai croisé d’autres, abrutis finis, odieux et irrespectueux envers les élèves et tout ce qui n’était pas membre du corps enseignant. Et après, ils se plaignaient du non respect des élèves ! J’ai un peu plus compris ma fille lorsqu’elle me parlait de ses profs au collège.

Les élèves, en général, en avaient rien à faire de savoir qui j’étais et de toute façon, je n’étais là qu’une journée par semaine dans chaque collège. Donc, si un jeune avait un besoin d’une réponse, il attendait la semaine suivante à condition que ma chef n’ait pas prévu une RÉUNION OBLIGATOIRE ce jour là, précisément.
J’ai quand même essayé de voir tous les élèves de 6ème et de participer aux conseils de classes (le soir et cela sans récupération, bien sûr). Imaginez ma tête, quand très souvent, à ma question « tu as une idée du métier que tu veux faire plus tard ? » la réponse était très souvent pour les garçons « Je veux faire Zidane » et pour les filles « Je veux être star » !! J’ai maudis la télé et le fric du foot.
Conclusion : je suis partie en courant juste après les vacances scolaires.
Chiant d’ailleurs de toujours être en vacances pendant les vacances scolaires : partir avec tout le monde sur les routes, payer un max les locations…



Le mercredi 24 mars 2010

Nid d'ange au crochet

Toujours extrait du même album Phildar Mailles baby n°33.
Crochet n° 4,5.







Le lundi 22 mars 2010

Terminé !

Terminé le meuble pour recevoir les boîtes de bêtises de Cambrai... en vérité, une petite partie de la collection.
Lavage, décrassage à la paille de fer et cirage du meuble. Ajustage des tiroirs et passage de bougie sur les glissières. Nettoyage et repose de toutes le poignées après avoir galéré pour trouver les vis à bois à tête ronde de 2 x 12 mn (introuvable, regardez les bien qu'il m'a dit le gars de chez Weber à Paris, c'est la dernière boîte; cela ne se fabrique plus !).
Étiquettes réalisées par Nicolas et Pimprenelle sur véritable papier jauni.

Le dimanche 21 mars 2010

Crochet encore

A la dernière brocante, j'ai trouvé ce vieux catalogue Phildar. J'ai beau le retourner dans tous les sens, regarder chaque page, pas moyen de trouver l'année de parution.
C'est le n° 33 de Phildar Mailles Baby. Il date très certainement des années 70 compte tenu des couleurs des ouvrages. Cela devrait plaire aux nostalgiques de ces années, celles qui adorent les mélanges orange, vert pomme et marron !




Voici un premier modèle : les 2 bébés vert et orange avec application d'un chat.


Le vendredi 19 mars 2010

Thérèse à la COTOREP

J’ai aussi travaillé comme Thérèse spécialisée à la COTOREP (aujourd’hui le terme politiquement correct est : Maison du Handicap. Changement de nom et toujours le même bordel).

Elle était située au nième étage d’un immeuble non accessible aux personnes handicapées ! Quand les gens arrivaient à monter, je les recevais les roues des fauteuils roulants coincées dans la porte, faute d’un passage assez large. Bonjour l’accueil et la confidentialité !

J’ai passé mon temps à écouter des familles désespérées ou me suis fait copieusement engueuler par d’autres : elles ne trouvaient pas de place dans les trop rares foyers d’accueil. J’ai placé à tour de bras en Belgique, faute de place en France, de jeunes adultes qui du coup ne pourraient plus voir leurs parents régulièrement, éloignement oblige.

Cela me remémore que le directeur m’envoyait une note dans laquelle il me demandait si mon appel téléphonique se justifiait, à chaque fois que je passais un appel téléphonique hors région parisienne... Ce que je faisais toute la journée puisque je cherchais des structures d’hébergement sur tout le territoire.
Plusieurs fois par jour et pendant plusieurs mois, je lui ai retourné sa missive avec la mention « nécessité de service » jusqu’à ce qu’il se lasse. J’avais même obtenu de sa secrétaire le paiement d’un tampon caoutchouc avec la fameuse réponse pour éviter d’avoir à l’écrire sur chaque lettre et il me l’a accordé.

J’ai assisté au traitement pourri, voire ignoble des demandes déposées par des personnes atteintes du SIDA et entendu dire"qu’ils n’avaient pas se défoncer, ils en seraient pas là".

En dehors de ça, la COTOREP rendait des décisions - papier dans des délais incroyablement longs mais l’honneur était sauf puisque la décision était rendue !
Peu importait que la décision ne soit pas applicable faute de place dans les différents établissements. Une personne pouvait attendre plusieurs années, une place en CAT (aujourd'hui, on dit ESAT mais c'est la même chose, y'a juste le nom qui a changé). Quand il avait enfin une place, il avait « régressé » ou « décompensé » comme on dit dans le milieu et il ne pouvait qu'espérer une place en foyer occupationnel. Mais il n'avait pas la bonne décision d'orientation de la COTOREP. Alors il fallait déposer une autre demande et re-attendre des mois la décision pour ensuite une hypothétique place...

Aujourd’hui, la maison du handicap est neuve, jolie, conçue pour l’accueil des personnes handicapées mais les délais de traitement des dossiers sont incroyablement beaucoup plus longs faute de personnel en nombre suffisant. Par téléphone, c’est très difficile de joindre un agent alors le public s’y déplace, l’accueil y est déplorable et les administrés attendent des heures.

Vous avez dit facilitation des démarches administratives ? Vous avez dit intégration des handicapés dans notre société ? Vous avez dit loi de 1975 ? Je rigole.

Le mercredi 17 mars 2010

Partage

Quand je vous dis qu'un lit de coton, c'est le pied ! Doux, moelleux , très chaud et lavable à 60°. C'est fabriqué par S. GIZINSKI (en Allemagne).
Chacun s'est vu offrir "son" lit mais Blanche et Cachou préfèrent partager le même. Et le top, le lit est posé sur la planche à repasser soit la hauteur idéale pour un matou.

Publié le même jour

Une poussette pour Romuald

Samedi dernier : petite virée à Paris dans le quartier de la Bastille, à la recherche de poignées pour restaurer un meuble. Un petit tour par La croix et la manière(*) au 36 rue Faidherbe et une visite un petit peu plus loin, sur le même trottoir au n° 42 dans une boutique de bois blanc, Décobois Plus. Y'a plein de trucs dans la boutique et de plus le patron est sympa.

J'y ai trouvé cette poussette, pour Romuald. Jolie non ? En bois brut, elle peut être teintée ou peinte.


(*) Voir le lien à droite

Le mardi 16 mars 2010

Echarpe pompons





Laine achetée début janvier. La vendeuse m'avait dit que cela me prendrait quelques heures pour la tricoter au point mousse. Je viens de la terminer à la mi-mars !
D'une part, je ne suis pas douée au tricot (je préfère de loin le crochet), d'autre part j'ai détesté travailler avec des pompons. Seules, les aiguilles en bambou étaient douces et agréables (n° 5.5)
Enfin, la foutue écharpe est achevée. Et je n'en ferais pas une deuxième. Heureusement, elle n'est pas pour moi car une fois réalisée, elle ne me plaît pas du tout.








Publié le même jour

Le lapin

Si le motif du porte-serviette vous intéresse, le voici après retrait des fils (début de broderie avec un point beaucoup trop gros), lavage et repassage.


A broder au point de tige.
Taille réelle du motif : 25 X 10 cm

Le lundi 15 mars 2010

Au boulot !

Comme promis, voici les explications des 3 modèles de manique.



Elles sont réalisées avec du coton et un crochet n°3.

Le dimanche 14 mars 2010

Chine à Etampes

... dans le département de l'Essonne( pour ceux et celles qui ne savent pas où se situe Étampes).
Pendant que Cachou roupille dans son lit de coton tout neuf.


Les trouvailles du jour :Un porte-serviette avec un lièvre, prêt à broder (0.50 €)


Une bobine de fil argenté, pour crocheter (0.50 €)

Une boîte ronde destiné à Marylin (j'ai vu l'autre jour comment elle lorgnait la mienne, ça devait lui rappeler des souvenirs chez notre grand-mère).

Une cuillère en inox pour faire plaisir à Nicolas. Il réclamait un ustensile de cuisine entre la cuillère à soupe et la louche ! 1 €... aucune hésitation !

Un abat jour en verre (5€ alors que jusqu'à maintenant on me le proposait à 12€ minimum).


2 vaches pour 1 €. C'est pour la parisienne qui en voit peu souvent (des vaches).


De la vaisselle en alu, pour les petits enfants que je n'ai pas (OUARFF-OUARFF!!!)


Et le meilleur pour la fin : 2 sachets de coton pour réaliser des maniques au crochet. C'est un truc allemand mais j'ai trouvé dans le sac, les explications en français. Dès que possible, je vous mets les explications et les modèles.



Bilan : pas ruineuse la brocante !

Le vendredi 12 mars 2010

Thérèse, polyvalente de secteur

En ce qui me concerne, mon premier poste a été Thérèse de secteur. Au début, très contente, j’ai vite déchanté et mon moral en a pris un coup à la lecture de ma fiche de paie.
Je passais mon temps à recevoir les gens pour qui je n’avais peu ou pas de solutions. Des exemples ?

- trouver des sous tous les jours pour payer l’ hôtel à des parents et leurs enfants durant des mois ou des années, parce que trop pauvres, ils ne peuvent accéder à un logement social. Et de toute façon quand tu veux un logement, t’attends des années. Tu ne sauras jamais sur quels critères ils sont attribués. Et toi t’oses même pas faire le total de la facture d’hôtel, t’as peur que cela représente le prix d’une petite maison au total.

- passer des journées entières à ne pas trouver une place en foyer pour une mère qui se fait mettre sur la figure par son conjoint violent. Envoyer des rapports sociaux aux foyers de réinsertion, d’hébergement, de suite, de post-cure, de soins... Qui se réunissent (en commission d'admission qu’ils disent) pour décider si on la prend ou non. Faut pas rêver, le critère, c’est la nana qui posera le moins de problèmes... Résultas obligent. Donc, ton rapport social tu le fais le plus light possible pour qu’elle ait toutes ses chances.

- ouvrir le tiroir-caisse, c'est-à-dire l'argent public, les impôts de tous les salariés qui eux payent leurs impôts sur le revenus (pas comme ceux qui peuvent truander et ne s’en privent pas) tous les jours parce que les minima sociaux ne suffisent pas pour payer les factures ( « M’dame, j’viens chercher une aide »).

- se battre avec les différentes administrations qui demandent dix fois les mêmes papiers et aussi se battre avec le photocopieur toujours en rade et quand il fonctionne y’a plus de papier ou d’encre, c’est comme tu veux.

- recevoir une dame qui vous annonce à 17h30 que ses gosses et elle, sont expulsés de leur logement le lendemain matin et qu’elle ne sait pas où dormir.

- recevoir un monsieur qui vous dit soudainement qu’il faut vite sortir au plus vite du bureau parce qu’on va être tous les deux grignotés par les fourmis ; Il les voit sortir de la prise de courant.

- Recevoir le monsieur qui veut vous casser la gueule ou celle de votre collègue parce qu’avant c’est sur la gueule de sa femme qu’il tapait et que tu as réussi, tu ne sais pas par quel miracle, à lui trouver une place en foyer à 600 Km de là.

- Prier pour que la dame en question ne revienne pas au bout de 3 jours parce qu’elle s’ennuyait de son mari, le pauvre, qui ne sait pas faire la cuisine.

- Visiter une vieille dame seule et découvrir qu’elle vit au milieu des poubelles, entassées depuis des années dans son domicile. Discuter 3 heures avec la mairie pour obtenir le nettoyage et la désinfection de la maison puis négocier avec la psychiatrie de secteur pour qu’un soignant daigne se déplacer et rencontrer cette dame à domicile et veuille bien constater combien elle délire. Contacter le médecin traitant pour qu’elle soit hospitalisée toujours parce qu’elle délire, n’arrive plus à faire sa toilette depuis des lustres et que ça cocotte dur, ne se nourrit presque plus et très mal et qu’elle veut pas des repas livrés à domicile parce qu’elle a peur qu’on lui vole ses sous.

- Rencontrer une autre vieille dame, plusieurs fois, qui me parle à chaque fois de son mari (que je crois présent au foyer). Puis me rendre compte parce qu’elle me dit « ben, il est plus là pour m’emmerder » (à chaque fois, je le croyais au jardin ou en balade), qu'il est bien là, dans l’urne funéraire, qui cale la porte du salon.

- chercher un foyer pour un monsieur à la rue avec son chien mais tu trouves pas de foyer qui accepte les chiens et t’as mal aux tripes parce que le gars il veut pas quitter son chien et ton bureau (où il fait chaud) et que tu vas lui proposer de placer Médor à la SPA et que tu vas te faire engueuler par la SPA et le gars va s'énerver et taper dans l’armoire...

Pour résumer je pourrais dire que le boulot de Thérèse c’est mettre un pansement sur une jambe de bois, canaliser la population vers des dispositifs qui se multiplient, s’empilent et dont l’efficacité reste à prouver, calmer les gens pour éviter l’explosion sociale (mais je n'ai aucun doute la dessus ; ça finira par péter, les minima sociaux et les quelques secours financiers ne pourront éternellement acheter la paix sociale).

Ah, j’oubliais un détail technique important. A l’époque, pour aller faire le plein d’essence du véhicule de service, je dois parcourir 20 km aller et 20 km retour car dans la ville où je travaille, le gérant de la station service nous a viré. Il en a plus qu’assez que l’administration lui règle les factures 90 jours plus tard.

Le lundi 8 mars 2010

Journée internationale des droits de la femme !

Journée de la femme. 100 ans après, on arrive à ça. Vulgarité maximum et tronche de pouf :

(Document déposé sur le pare-brise des voitures sur le parking de la gare).

Publié le même jour

Et ça usine !

Pour preuve, avant et après l'huile de coude.


Le dimanche 7 mars 2010

Ours-brun trie...

classe, jette, récupère et restaure.

Aujourd'hui, il profite du soleil pour s' attaquer à un meuble chiné il y a un an. Décrassage à la lessive, paille de fer et cire. 24 tiroirs. Cela devrait lui permettre de ranger ses innombrables boîtes de sa collection car Ours brun collectionne les boîtes de bêtises de Cambrai !

Le vendredi 5 mars 2010

Thérèse - définition

1) Thérèse c’est le bac + 3, un diplôme d’état jamais reconnu à ce niveau par nos hommes politiques de droite comme de gauche (au fait, c’est quoi être un homme de gauche ? De droite, pas la peine de m’expliquer, je sais). Tout ça parce que tu ne fais pas ta formation à l’université comme dans les autres pays européens. Deuxième raison avancée ; tu fais des stages professionnels pendant ta formation (encore heureux !). Et c’est marrant, car il y a des tas d’études en fac où les étudiants font des stages mais là par miracle, les stages comptent comme du temps d’études universitaires.

Dans le fonds, être une Thérèse, c’est, selon les gens qui réfléchissent dans les ministères, savoir écouter la merde des autres (assez rapidement quand même aujourd’hui) et avoir un bon carnet d’adresses ! C’est bien suffisant. D’ailleurs, depuis peu, c’est un diplôme que tu peux préparer en apprentissage. C’est tout dire. Faut pas chercher à comprendre sauf que quand l’état ne veut pas reconnaître à sa juste valeur un métier, il fait le sourdingue. Vous connaissez la différence entre une dictature et une démocratie (à la française) ? La dictature c’est « ferme ta gueule ». La démocratie c’est « cause toujours » et ça, c’est justement ce qui rend fou.

2) Du coup, pas reconnu, tu es mal payé mais faut pas trop demander... quand tu as la foi, tu n’es pas censé exercer un métier pour de l’argent. Tu fais don de ta personne. Voyons, c’est un sacerdoce, une vocation. Depuis quand tu veux gagner des sous ?

3) C’est un boulot où tu dois être à l’écoute des gens, être dans l’empathie, garder de la distance, évaluer les situations personnelles et collectives, orienter, accompagner les usagers, faire avec eux (et non pas pour eux, sinon tu te plantes à tous les coups) et bla, bla, bla...et bla, bla, bla... des écoles de formations. Sur le terrain, tu vas vite comprendre le fossé, le gouffre, l’abîme entre la théorie et la dure réalité du travail mais l’école ne le sait pas... les formateurs ne sont plus sur le terrain depuis des années ! Et j’oubliais le plus important : l’école arrive à te convaincre que tu vas t’éclater dans ton boulot. Une vraie secte. Tu finis par être convaincu que chez toute personne, même la plus déglinguée, la plus carencée, la plus malade, tu vas pouvoir trouver quelque chose en elle pour la tirer de sa situation archi-compliquée, que toute personne à quelque chose à t’apporter et cela, quelque soit le lieu où tu bosses. Tu es en capacité de tout guérir, colmater, résoudre. Tu es la super Nanny du social ! Résultat, tu arrives sur ton premier poste gonflée à bloc, quelquefois avec un sentiment de toute puissance.

4) ...et dans la vraie vie, tu reçois des gens dans la merde la plus noire. Tu n’as pas toujours le temps de les écouter car il faut faire très vite (la salle d’attente est pleine, la « cadre » fait des tableaux avec les statistiques que tu lui fournies toutes les semaines, minute tes rendez-vous, surveille tes allées et venues, relis et signes tous tes écrits parce que tu sais bien que tu écris que des conneries ...). Tu remplis des tonnes de paperasses, tu saisis à l’informatique, tu fiches les gens. Puis, tu réponds aux usagers que t’as pas de solutions car le boulot, t’en a pas pour eux, le pôle emploi non plus d’ailleurs. Un logement ce n’est pas toi qui décide de l’attribuer. Les sous pour empêcher une coupure de jus ou une expulsion, ce n’est pas toi qui les détiens donc tu feras la pute auprès de divers organismes pour monter un « plan de financement cohérent ». Pour cela, il te faudra expliquer à chaque organisme que tu sollicites à qui d’autres tu vas demander des ronds et tout ça en priant qu’il n’y en ait pas un qui refuse sinon ton plan tombe à l’eau ; dans ce cas t’es dans la merde et la famille encore plus que toi. Calculette greffée dans la main, tu es censé leur apprendre à gérer leur budget riquiqui dont le montant est équivalant à la plus petite somme d’argent de poche jamais perçue par le fils d’un PDG résidant à Neuilly. Tu les fais entrer dans des dispositifs bidons car tu dois impérativement les faire entrer dans des petites cases prévues à cet effet, des trucs d’attente style stage de re-mobilisation, d’insertion, de remise à niveau, de bilan de compétences...ça permet de ne plus les comptabiliser demandeurs d’emploi (et la télé annonce ainsi que le chômage baisse !) ; ça ne leur donnera pas un vrai boulot qui leur permette de vivre dignement (c'est-à-dire manger cinq fruits et légumes par jour, se loger, s’habiller, s’occuper de ses enfants, se soigner).

5) Tu as toutes les chances de te faire agresser verbalement, c’est certain et fréquent. Tu as aussi une chance de te faire agresser physiquement par la mère de famille au bout du rouleau ou un père excédé, en tous cas beaucoup plus de chances que de gagner au loto. Ainsi, je me suis retrouvée, enfermée avec un monsieur délirant dans un bureau d'une maison de quartier. Mes collègues croyaient que j’étais partie déjeuner. J’ai du parlementer une heure pour qu’il me laisse sortir. Plus tard, je me suis fait braquée par un malade avec un flingue. Dans les deux cas, aucun employeur ne m’a proposé d’aide. Dans le deuxième cas, mon chef ne m’a même pas reçue. (Il était à la piscine). Je suis revenue bosser le lendemain, sinon je crois que j’aurai démissionné.

6) C’est un job où tu as le droit de faire du travail collectif ; c’est moderne, à la mode et bien vu. Il te faudra présenter un projet, le défendre et le faire « valider » par tous tes chefs. Et si tu as un accord, alors tu le mettras en pratique avec trois sous. Tout juste si tu ne vas pas payer avec tes deniers personnels les tickets de train pour emmener un groupe de femmes à Paname, leur apprendre à circuler par les transports en commun. Mais attention dès il y a surcroît de travail (et c’est quotidien), tu es sommée d’abandonner immédiatement ton travail collectif pour reprendre la prise en charge individuelle (trouver des sous pour payer les factures, rechercher un foyer, éviter une expulsion, protéger une femme battue, une mineure isolée et enceinte...).

7) C’est un job où tu vas connaître les permanences d’accueil, d’urgence, de quartier... et les réunions : de service (hebdomadaire), de pôle (mensuelle), de territoire (trimestrielle), d’information, de synthèse (moment délicieux où le secret professionnel s’envole au nom du « partage de l’information pour mieux comprendre la situation »), partenariale, d’étude de situation, de supervision, de crise... Bref, cela s’appelle la réunionite aiguë et c’est une grave maladie.

8) Lot de consolation : il n’y a presque pas de chômage dans cette profession. Plus, c’est la merde économique et la misère, plus tu as du boulot (mais plus t’en chies). Faut quand même être un peu malade pour choisir ce job.

La suite, vendredi prochain.

(J'aurai voulu mettre ici un dessin d'une A. S. explosée, burn-out-ée mais j'ai pas trouvé).

Le mercredi 3 mars 2010

un sac gris

Madame Blanche, le regard féroce, surveille...

...son copain qui roupille collé contre le fer à repasser encore chaud; c'est bien agréable !


Et moi, je ne peux pas repasser (la bonne excuse, je déteste ça !)
Alors un peu de couture, avec la préparation d'un sac en tissu.
Modèle trouvé sur le blog "La ronde des sacs". C'est et c'est sympa.


Tissus Ikéa, le suédois. En ce moment, avis aux amateurs, il y a du lin gris et rose à prix raisonnable.